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La grossesse, sujet toujours tabou dans nos sociétés africaines

Parfois, il faut aller jusqu’au bout du désespoir pour retrouver l’espoir.

Avant tout propos, permettez-moi de rendre gloire au Seigneur de la grâce qu’il nous a accordée en nous donnant la faveur et la joie d’avoir notre fils à nos cotées. Merci mon DIEU pour ton amour au moment où aveuglée par le chagrin et guidée par la pensée de l’homme j’ai cru qu’il n’y avait plus aucune lueur d’espoir. Merci.

Nos parents ont toujours eu à l’idée sans doute à cause de leurs éducations que la grossesse devrait suivre un processus logique : les fiançailles, le mariage et enfin la grossesse. En Afrique surtout la grossesse est sacrée ; une femme mariée qui tombe enceinte est un phénomène naturel mais une jeune fille qui est enceinte est une honte pour sa famille parce que le coté social est très important pour nous ; « le qu’en dira-t-on » est une préoccupation.

Cela semble paradoxal d’autant plus qu’à l’ère où nous sommes permettez-moi l’expression « les grossesses courent les rues ». Si j’en parle c’est parce que j’ai été touchée par l’histoire d’une jeune fille du nom de Myriam. Sachez que Myriam est une jeune étudiante brillante qui n’a à envier personne. Elle est posée et a une relation sérieuse ; le seul nuage sombre dans sa vie est que les médecins ont détecté chez elle des fibromes dans son utérus et qui empêchent toute nidation à moins qu’elle ne suive des traitements. Un jour, après une consultation le médecin lui parla franchement en lui disant qu’au stade de l’évolution de ces myomes il était impératif qu’elle ait rapidement un enfant si elle ne veut pas regretter plus tard de n’en avoir pas eu. Pas besoin de vous dire que la fierté, l’honneur d’une femme c’est d’être mère.

 

Femme-Enceinte

Femme enceinte

Myriam savait et comprenait que sa vie était en jeu ; seulement elle avait peur du « qu’en dira-t-on » si elle tombait enceinte. Elle devait choisir entre devenir mère ou se conformer au déterminisme social. Alors que convaincue qu’elle ne pouvait tomber enceinte normalement, elle apprit quelques temps après qu’elle attendait un enfant. Naïve et pleine d’espoir elle était très contente à l’idée de devenir mère alors que les médecins étaient plutôt septiques. Elle avoua à sa mère avec laquelle elle était complice qu’elle était enceinte. Peu à peu son entourage apprit la nouvelle et elle due faire face à la colère de son père d’une part et aux railleries de ses oncles d’autres part. Ayant une grossesse difficile elle fut de plus en plus fragilisée émotionnellement et physiquement. C’est ainsi que certains de ses oncles voulaient la forcer au mariage pensant peut-être que la honte, leur honte serait moindre (en Afrique plus particulièrement dans mon pays Empreinteles oncles ont plus de droit sur ta personne que tes propres parents). Heureusement, avec la grâce DIEU et envers et contre tous Myriam donnant naissance à un magnifique garçon.

Tout ça pour vous dire que, en Afrique le coté social conditionne nos vies et peut-être qu’à cause de cela certaines personnes n’osent pas faire certaines chose par peur de la société ce qui a des avantages (certaines personnes auront par crainte des représailles « tu le fou » caché en eux) et des inconvénients (des avortements clandestins à risques). Myriam certes a eu plus de chance, d’autres en ont moins eu. Je n’arrive pas à comprendre que la vie qui est si précieuse et dont nous n’avons aucun contrôle parce qu’elle ne vient pas de nous mais plutôt de DIEU (c’est lui qui donne la vie) nous venons à rejeter des femmes enceintes parce que soit elles ne sont pas encore mariées soit elles sont jeunes, pire au nom d’intérêts égoïstes et par peur de l’image que l’on renvoie aux autres.

Combien de couples dans le monde tentent d’avoir des enfants en vain ? Alors nous devons comprendre que c’est DIEU qui donne la vie et qui la contrôle et que si une femme célibataire, mariée ou que sais-je tombe enceinte acceptons le tout simplement parce que c’est la VOLONTE DE DIEU. A toutes les femmes qui vivent la même situation permettez-moi de vous donner un petit conseil : soyez fières de vous et confiantes parce que vous avez un don précieux que beaucoup d’autres femmes donneront père et mère pour vivre cette expérience magique qu’est la grossesse ; surtout sachez qu’aucune joie au monde n’est comparable à celle de l’instant où vous serrez votre bébé dans vos bras pour la première fois. Cette joie est indescriptible et il faut la vivre pour comprendre. Dites-vous aussi que parfois pour passer à autre chose il faut se débarrasser des sentiments qui nous enchainent, nous encombrent. Il faut aussi poser des actes qui nous font du bien et qui ne plairont certainement pas à tout le monde. Pour ma part, le plus honnête et important souhait que je formule à votre égard c’est la grâce d’être parents. Je suis consciente que ce que je dis est insignifiant comme action mais j’espère qu’en parler au moins contribuera à éveiller les consciences et à soulager les cœurs.

Enfin j’ai peut-être été longue au point de vous ennuyer, je m’en excuse mais je pense que le jeu en valait la chandelle.

Kamimani 

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